1. Du point de vue écologique
Nous attendons avec impatience et satisfaction l’annonce qui ne saurait tarder à l’effet qu’Hydro-Québec mettra maintenant fin au projet de reconstruction de la centrale nucléaire de Gentilly 2 puisque ce projet va totalement à l’encontre de l’objectif de faire du Québec le leader mondial des énergies vertes.
Devenir le leader mondial des énergies vertes signifie faire le choix des énergies vertes. Un choix implique une perte. Ainsi, pour démontrer son sérieux, le gouvernement du Québec devrait retirer son appui au projet d’importation de gaz naturel de la Russie qu’est Rabaska. Dès aujourd’hui, nous pouvons et devons remplacer le gaz naturel par des énergies vertes.
L’économie d’énergie, l’efficacité énergétique, l’énergie éolienne, solaire, géothermique et le biogaz sont toutes des solutions plus vertes que l’hydroélectricité. Donc, le projet de Petit Mécatina devrait être mis de côté afin que nous puissions utiliser ces sommes et celles de Gentilly 2 pour développer toutes ces formes d’énergie afin de réaliser des projets de leadership vert.
Comme nous avons pris un retard considérable dans la recherche, le développement et l’exploitation de ces énergies, Hydro-Québec, aidé de partenaires québécois, devra redoubler d’effort dans toutes ces formes d’énergie.
Afin de devenir le leader mondial des énergies vertes, le ministère des Transports devra lui aussi prendre un virage radical et rediriger des sommes majeures de l’asphalte et du béton vers le transport collectif et individuel électrique et hybride, par exemple pour le projet Turcot. Il s’agit là aussi d’un domaine où nous avons pris un retard considérable.
2. Du point de vue économique
Selon l’aveu même de M. Claude Béchard, le coût de revient de la centrale hydroélectrique de La Romaine sera plus élevé que le prix auxquels nous vendrons l’électricité aux Américains. Ainsi, des gens et des entreprises d’ici et des États-Unis (car ils vendront notre électricité beaucoup plus cher que nous leur vendrons) s’enrichiront en appauvrissant l’ensemble des Québécois et ce pendant au moins les 20 prochaines années ! Et M. Charest nous parle déjà du projet de Petit Mécatina ! À perte aussi !
Pourtant, nous aurions pu croire que la désastreuse expérience de la centrale de Bécancour leur apprendrait à ne pas signer de tels contrats... Qui ne se souvient de cette entente qui nous a coûté au moins $340 millions pour une centrale fermée après un an seulement d’existence ? Imaginons un seul instant le désastre financier et écologique monumental dans lequel nous serions si M. Caillé avait pu construire ses 12 projets de centrales au gaz naturel ?
Le projet Siemens de développement éolien en partenariat avec Hydro-Québec aurait été plus profitable économiquement et en emplois que tous les projets présentés par H-Q et le gouvernement réunis depuis 2004. Pourtant, on l’a refusé. De plus, le développement éolien se fait en majeure partie par des entreprises étrangères : la majeure partie des profits et de l’expertise ne reste pas au Québec.
Comme l’a souligné à juste titre le Réseau des Ingénieurs du Québec, nous n’atteindrons vraisemblablement que 10 % des objectifs d’efficacité énergétique que le gouvernement s’est fixé. Or, il s’agit là de l’électricité la plus verte et rentable en création d’emplois et en prix du kilowattheure. Le gouvernement aurait plutôt dû annoncer, en grande pompe, un vaste et ambitieux programme d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique plutôt qu’un projet tel que la Petite Mécatina.
Au moment où le prix des hydrocarbures amorce sa remontée, nous n’en sommes qu’à de timides mesures pour nous débarrasser de notre dépendance à ces ressources qui nous ont coûté $17 milliards en 2008. Ces milliards pourraient rester ici et nous rapporteraient BEAUCOUP PLUS que les retombées actuelles en exportations aux USA.
3. R&D des énergies vertes
Pendant que le gouvernement de M. Barack Obama investit 150 milliards en 10 ans en développement des énergies vertes, le Québec est assis sur ses lauriers passés.
Qu’il s’agisse de transport individuel et collectif, la voie à suivre en recherche et développement est électrique et hybride et non à l’hydrogène comme le projet pilote de l’aéroport Trudeau, notamment lorsque cet hydrogène est fabriqué à base de gaz naturel. Qui ne se souvient du moteur-roue de Pierre Couture ? Plus de 15 ans plus tard, nous en sommes encore à des projets pilote d’importation italienne, en Norvège ou polluants.
Il est plus que temps de passer le stade des projets pilotes et de nous lancer dans de réels projets de transport vert québécois !
Le développement éolien DEVRAIT ÊTRE FAIT PAR ET POUR DES QUÉBÉCOIS. De plus, le plafond de 10 % d’énergie verte n’est justifiable en aucune manière. Des pays sont à 20 % et même 25 % d’énergie éolienne. Le Québec possède un potentiel d’énergie immense, plus grand que celui de l’Arabie Saoudite en pétrole. Quant à son potentiel solaire, il s’agit là de LA FORME D’ÉNERGIE DE L’AVENIR !
Que nous laissions des entreprises étrangères développer leur expertise ici pendant que nous ne sommes que leurs employés est inacceptable ; même chose pour le solaire, la géothermie et toutes les autres formes d’énergie verte.
4. Maîtres chez nous au 21e siècle
Dans un autre ordre d’idée, nous sommes heureux de constater que, à notre suite, le PLQ se souvient de l’apport majeur de MM. Godbout , Lesage et Bourassa dans le projet « Maîtres chez nous ». En effet, suite à l’élection référendaire de 1962, le gouvernement de M. Jean Lesage a donné le contrôle de notre énergie aux Québécois. Or, depuis plusieurs années, nous avons mis en chantier des projets allant à l’encontre du contrôle québécois de notre énergie. La centrale au gaz de Bécancour, appartenant à TCE, une entreprise de Calgary ; les projets Rabaska et Cacouna, augmentent notre dépendance envers l’énergie importée ; et que dire de la filière éolienne... Nous sommes convaincus que MM. Godbout et Lesage auraient exigé que le développement éolien se fasse aussi par et pour les Québécois. Ils n’admettraient pas que nous ne soyons que des « porteurs d’air ». Or, nous laissons la majeure partie du contrôle de notre vent à des entreprises française, australienne et autres.
5. Le véritable but à atteindre : l’autonomie énergétique par les énergies vertes
Le Québec possède déjà l’avantage majeur d’avoir un bilan énergétique constitué à 50 % d’énergie renouvelable locale. Mais l’autre 50 % (pétrole et gaz) lui a coûté en importation $17 milliard en 2008, assez pour faire basculer notre balance commerciale dans le rouge. C’est ainsi que LE SEUL OBJECTIF que nous devons atteindre est l’autonomie énergétique par les énergies vertes comme la Suède, l’Islande, le pays de Galles se sont engagés à atteindre. Des points de vue écologique, des émissions de gaz à effet de serre, économique et des emplois, c’est ce qui constitue DE LOIN le plus rentable et porteur pour les générations présentes et futures.
Conclusion
Bien que nous saluions l’objectif du PLQ de faire du Québec le leader mondial des énergies vertes, nous ne pouvons que constater qu’il ne semble plus y avoir chez les libéraux ni chez la haute direction d’Hydro-Québec la compétence économique, écologique et en génie nécessaire pour faire du Québec le leader mondial en énergie verte. Du projet du Suroît à celui de Bécancour, de Rabaska à Cacouna, du développement anarchique de l’éolien aux grandes rivières, de Gentilly 2 au transport à l’hydrogène, les exemples illustrant notre propos ne manquent pas.
C’est pourquoi, dans l’esprit du 40e anniversaire du « Give peace a chance » de Montréal, les spécialistes de « Maîtres chez nous - 21e siècle » se feront un plaisir de les instruire sur les tenants et aboutissants de ce projet. Il en va de l’avenir écologique et économique du Québec.